mardi 13 octobre 2009

« Trauma »: « Bad Day at Work » (1x03)


« Trauma » est une « drama » médicale qui, au poids des dialogues, privilégie le choc des images. Son postulat de départ est que, tel un fauve guettant sa proie, le danger peut surgir à tout moment et frapper tout un chacun. Proche du « reality show » à l’américaine - style « COPS » - ce programme ne s’embarrasse pas de faux-semblants. Il embarque le téléspectateur en plein cœur de l’action.

Alors qu’elle fait son jogging matinal, Marisa Benez est témoin d’un accident de la route, impliquant deux véhicules et une motocyclette. La jeune femme - qui fait partie des secours paramédicaux aéroportés de la ville de San Francisco - doit agir vite. Si les conducteurs s’en sortent indemnes, le pilote - traumatisé - souffre d’exophtalmie. Quand les secours d’urgence arrivent sur les lieux et que Marisa leurs explique qui elle est, les ambulanciers - simple question de rhétorique - lui demandent d’un ton ironique si elle travaille avec « Rabbit ».

Technicien médical, Reuben Palchuk est également le pilote d’hélicoptère du « Rescue Angels ». Sûr de lui et arrogant, son surnom de « lapin » ne laisse aucun doute quant à ses relations avec la gente féminine. Il est, au sein de l’équipe médicale dont nous suivons les péripéties, le personnage le plus emblématique. L’homme - qui possède une personnalité complexe et contradictoire - peut tout aussi bien se comporter comme un abruti, que faire preuve d’héroïsme et de dévotion même, et surtout, à l’égard des responsables des drames.

Ainsi, au début de « Bad Day at Work », Reuben chausse des « lunettes à yeux ressort tombeurs » pour moquer Marisa, qui a dû repousser les globes oculaires du motard accidenté à l’intérieur de leurs orbites. A la fin de l’épisode, il tente de réanimer un forcené, abattu à bout portant par un tireur d’élite du « SWAT », alors que ce dernier a auparavant ouvert le feu sur lui et n’aurait pas hésité à tuer une collègue.

Série avare en dialogues, « Trauma » privilégie des personnages qui se définissent par leurs actes, et non par leurs paroles. La palette des émotions humaines passe avant tout passe par le regard et par les gestes. La preuve en est cette scène dans laquelle apparait Cameron Boone, un des membres de l’équipe médicale, et son épouse. Comme il en a été question dans l’épisode précédent, le couple traverse des problèmes relationnels. Alors qu’elle vient d’échapper aux tirs d’un désespéré, qui à fait de nombreuses victimes, Cameron demande à sa femme les raisons de sa présence dans l’immeuble. Un simple regard à la raison sociale de l’entreprise à laquelle elle a rendu visite - en l’occurrence un cabinet d’avocats - suffit à lui donner sa réponse.

Si je la compare à sa consœur de la chaîne «CBS », « Three Rivers », dont j’ai visionné l’épisode « 1x02 » hier soir, « Trauma » se regarde sans éprouver trop d’ennui. L’intensité dramatique, couplée aux effets de surprises judicieusement disséminés, permet de créer un phénomène hypnotique efficace. Le seul bémol que j’émets à l’égard de cette série « NBC » est qu’elle compense son manque de dialogues par une bande son agressive et omniprésente et que cette dernière est relativement agaçante. Un moindre mal ?

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