jeudi 26 novembre 2009

« Cast Offs » : « Dan » (1x01)


Le « pitch » de « Channel 4 » - la chaine publique britannique qui diffuse ce nouveau programme – le définit en ces termes : « Cast Offs » est une « dramadie » sombre qui racontent l'histoire de six handicapés expédiés sur une île anglaise isolée, dans le cadre d'une émission de télé-réalité fictionnelle ».


Le pilote se focalise sur le premier protagoniste du sextet, Dan, un joueur de basket-ball, qui se déplace en fauteuil roulant manuel. Paraplégique depuis six mois - à la suite d'un accident de voiture - Dan est un individu volontariste au physique agréable et au caractère aimable. Ce beau brun, au torse développé, ne laisse pas indifférent certains spécimen de la gente féminine. Sa relation amoureuse avec une jolie jeune femme, rencontrée dans un « pub », en milieu d'histoire, laisse à supposer que ses attributs virils – à l'image d'Artie Abrams, qui le précise à Tina Cohen-Chang, dans « Wheels », l'avant dernier épisode de « Glee » - fonctionnent encore !

Sur l'idée de son père, Dan est amené sur une île inhospitalière, afin de découvrir s'il peut se débrouiller, sans l'aide de personnes valides et dans un milieu non-urbain. A la manière des candidats de « Koh Lanta », le jeune homme sait qu'il ne sera pas seul, mais il ignore encore tout de ses futurs compagnons d'aventures. Six personnages, cela signifie six épisodes et donc, six personnalités différentes à découvrir.

Dans l'ordre, les prochains rendez-vous seront consacrés au sardonique Tom, un non-voyant à l'humour acide et non-sensique, au « thalidomide » Will, atteint d'atrophie des membres supérieurs, à la future parturiente Gabriella, une sourde qui lit sur les lèvres de ses interlocuteurs, et bien souvent dans leur cœur, à l'étrange April, atteinte d'une déformation faciale - trompeusement intitulée « chérubisme » - mais qui, hélas, n'a aucun rapport avec le rond et délicat physique des anges et enfin à l'espiègle Carrie, dont la personnalité débordante, a du mal à contenir dans un corps de petite taille.

Si le programme part d'un postulat louable – faire découvrir aux téléspectateurs comment des individus vivent leur handicap au quotidien - « Cast Offs » possède une trame narrative bancale et sa destination est, en fin de compte, mal circonscrite. Sur l'île sauvage, une caméra brouillonne et erratique suit les déplacements de ces « laissées-pour-compte » (la traduction anglaise du nom de la série). Elle devient apprivoisée lorsque elle accompagne – lors de « flashback » - les pérégrinations citadines, des personnes invalides.

Située à la croisée de nombreux chemins – émission de télé-réalité, donc, « mocumenteur », programme pédagogique et altruiste, etc - « Cast Offs » apparaît, aussi parfois, comme une série racoleuse, même si son propos n'est - à l'égard des personnages - jamais condescendant, voire misérabiliste. Individus à part entière, les membres du sextet font autant preuve d'affabilité et d'humanité, que d'esprit étriqué. Le summum de la perfidie est atteinte en clôture d'épisode, lorsque la malicieuse Carrie - autour d'un feu de camp, allumé en plein milieu des dunes - propose aux participants un bain de minuit, en tenue d'Ève et d'Adam. Privé de son fauteuil roulant, le pauvre Dan se retrouve dans son plus simple appareil, à patauger dans l'eau sombre et glacée. Ces nouveaux « amis » ayant - d'un commun accord - désertés les lieux de la baignade.

Puisque « Cast Offs » est une série qui sort des sentiers battus ; elle connait – parfois - quelques errements de circonstances. A la manière des « Loosers » du show de Ryan Murphy, les protagonistes de ce programme anglais seront certainement se montrer - au fil des six épisodes – à la fois attachants et irritants. Comme le dit si bien le proverbe - et le titre d'un épisode en noir et blanc de la série-culte, « La Quatrième Dimension » - « la beauté est dans l'œil de celui qui regarde » !

Pour les lecteurs concernés, ils peuvent découvrir l'acteur Mat Fraser – qui interprète ici Will – dans un long-métrage gentiment « nanar », « Kung Fu Flid ». Parodie des productions hong-kongaises de karaté, le film est écrit et réalisé par Xavier Leret.

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