Cet ultime épisode de la saison deux de « SoA » est un véritable « western » moderne, dans lequel les montures mécaniques des protagonistes ont remplacés les chevaux de circonstances. Le téléspectateur y retrouvent tous les clichés du genre, utilisés – ici - en abondance. Gangs antagonistes qui se tiennent de chaque côté de l'artère principale de la ville et se fusillent du regard, échanges de coups de feu à gogo, cavalerie qui arrive à point nommé ou pas, etc. Véritable « Règlement de compte à OK Charming », la trame scénaristique de « Na Trioblóidí » est si dense et si complexe, qu'il est quasiment impossible d'évoquer de manière exhaustive l'ensemble des tenants et aboutissants qui la compose.
L'épisode débute par une mise en abyme explicite qui - en quelques images succinctes - évoque son résumé, composé de fureur, de sang et de vendetta. Sur une route déserte et nocturne, un trio de rats dévorent consciencieusement la carcasse d'un jeune corbeau. Les rongeurs sont subitement dérangés dans leur tâche macabre par les phares et les pétarades des engins motorisés de la SAMCRO, qui déboulent en fond d'image.
« Na Trioblóidí » est scénarisé et dirigé par le « showrunner » de la série, Kurt Sutter, qui – à travers son personnage du détenu, « Big » Otto Delaney - s'offre également le luxe d'une vengeance personnelle, sur l'agresseur aryen qui lui a fait perdre l'usage de son œil valide. Inutile de préciser, que pour cet épisode de « season finale », le créateur de cette série « for mature viewers » n'a pas lésiné sur les nombreux rebondissements, parfois explosifs, parfois raffinés.
L'épisode est l'occasion inespérée, pour la majorité des protagonistes du drame, de solder les comptes avec leurs adversaires. Des victimes sont à déplorer du côté de la SAMCRO, mais surtout sur le versant du camp de Zobelle. « Jax » et deux de ses acolytes assassinent le violeur principal de sa mère Gemma, le redoutable A.J. Weston, de manière – il faut bien l'avouer – plutôt inélégante et déloyale. « Jax » a oublié la grandeurs des idéaux paternels, depuis qu'il a réintégré le giron de son beau-père, Clay Morrow. Comme je le spécifiais dans la précédente notule, c'est ce retournement de « cuir clouté » - parmi d'autres abdications - qui m'a posé quelques problèmes.
Le clan dirigé par Clarence Morrow – lui - ne souffrira que de pertes légères, dont le pauvre « Half-Sack » Epps fera les frais !
Dans une scène à caractère uniquement féminin - comme Sutter les affectionne – June Stahl, l'agent spécial de l'ATF, élimine - dans un moment d'égarement - Edmond Hayes, le fils d'un des fondateurs de la « True IRA », qui a passé un « deal », pour faire tomber l'éminence grise du groupe révolutionnaire irlandais. Cette dernière est bientôt rejointe sur les lieux du drame par Gemma Teller-Morrow qui règle son compte à Polly Zobelle, la fille du dirigeant de la « LOAN », venue rendre une ultime visite à son amant. Comme quoi, il faut toujours écouter les conseils avisés de son papa ! Les quinquagénaires manipulatrices s'observent en « chiennes de faïence », lors d'un affrontement tendu dans lequel la fonctionnaire de police propose à l'égérie de la « SAMCRO » de prendre la tangente. Gemma a, elle-aussi, totalement oublié les notions d'absolutions que de la religion chrétienne - dont elle s'est récemment rapprochée - lui avait inculquées ! Les supplications de sa belle-fille Tara n'y changeront rien !
Mais la perfide Stahl possède plus d'un tour dans son sac à malice et elle va retourner le meurtre du jeune Hayes à son avantage. Elle fait croire au père d'Edmond – par l'intermédiaire d'un émetteur-récepteur, qui intercepte les appels radio de la police - que Gemma en est l'auteur. Du coup, Cameron Hayes est obnubilé par la loi du talion, qu'il va mettre en pratique en kidnappant le nouveau-né de « Jax » et de son ex-compagne droguée.
En ce qui concerne le rapt du petit Abel, le caractère de la scène et le comportement désordonné de l'activiste de l'IRA se révèle – après réflexion – légèrement factice. Il représente la seule et grande faiblesse de ce scénario, par ailleurs finement rédigé !
Le rusé Ethan Zobelle – s'il est peu affecté par la mort violente de son bras-droit, A.J. Weston – fait preuve, à l'égard du décès de sa tendre fille, d'une tolérance déconcertante. En ce qui concerne ce personnage roublard, la notion darwinienne de la « survie du plus apte » et de sa préservation personnelle trouve un puissant et terrible écho ! Le télespectateur recroisera-t-il, à l'occasion, cet informateur du FBI – qui bénéficiait des plus hautes protections de l'organisation étatique – dans la troisième saison, ou – au contraire – son personnage sera-t-il à jamais oublié dans les limbes scénaristiques ?
« Qui vit par l'épée, meurt par l'épée » ! L'expression est bien connue, mais elle trouve - au cours de « Na Trioblóidí » - toute sa puissance évocatrice ! Il ne reste plus, aux « adorateurs » de l'une des série les plus accrocheuses et adultes du « paysage télévisuelle américain » de faire preuve de la plus grande des patiences, en attendant la troisième saison. Kurt Sutter – en personnifiant un acolyte de la « SAMCRO » - a clairement affiché sa sympathie pour Clay Morrow et les membres de son groupe. Si un créateur-scénaristique se doit toujours d'éprouver la plus grande empathie à l' égard des protagonistes qu'il dépeint (dixit un axiome de base, qui fait partie d'une des « bibles » rédigées par un célèbre « script doctor » américain), j'aurais tout de même apprécié que plusieurs des personnages de la « SAMCRO » - parmi les plus éminents, s'entend - mordent la poussière, et ce de manière définitive. Ici, ce ne sont que les « sous-fifres » qui font les frais des représailles. Dommage !
Entre temps la nouvelle livraison de « SoA », c'est une autre série explosive qui doit faire sa réapparition ! Le premier épisode de la saison trois de « Breaking Bad » - de Vince Gilligan – devrait être diffusé – normalement - en avril 2010, sur la chaîne « AMC ». Plus que quatre mois de patience, les gars !
jeudi 3 décembre 2009
« Sons of Anarchy » : « Na Trioblóidí » (2x13)
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