Franck Leo (Aaron Douglas/« Battlestar Galactica ») est l'archétype du policier de terrain - bourru et bourrin - dont la mentalité est en adéquation avec son physique corpulent. Outre de combattre une criminalité galopante et organisée, le protagoniste en uniforme est en butte à une hiérarchie autoritaire et corrompue. Indifférente, cette dernière ignore les aléas rencontrés quotidiennement par ses fonctionnaires, au cours de ses missions dangereuses.
A la suite d'une intervention musclée - dont le but était d'intercepter un trafiquant de drogue - une équipe mixte de détectives est poursuivie pour violences policières et usage abusive de la force. La scène a été filmé par un vidéaste amateur et la cassette - qui montre les prétendues exactions - a été livrée à la presse locale, qui en fait rapidement ses choux gras.
Le volontaire Franck Leo n'hésite pas à s'investir personnellement dans la défense du duo, d'autant que l'une des inculpées est une collègue de travail avec lequel il entretient une relation amoureuse. C'est en vain que Franck exhorte Abby St. James - l'accorte procureur, en charge du dossier - de revenir sur sa décision inique. Il ne reste plus à ce dernier qu'à abattre sa carte maîtresse ! Il organise au sein de la Division « The Bridge », une grève intensive, dont le but est de faire plier les instances accusatrices. Devant le désastre imminent qui s'annonce, les commerçants du centre-ville - qui craignent d'être assaillis par une foule de criminels - barricadent leur commerce.
A cette échauffourée - qui oppose la base agissante du commissariat à sa direction inflexible, vient se greffer une affaire de policiers « ripoux », qui trempent dans un trafic de drogue à grande échelle. Le suicide du « maître à penser » de Franck Leo - qui a mis fin à sa vie, à la suite du scandale qui éclabousse sa division – n'arrange pas les problèmes. Voilà en substance en quoi consiste l'intrigue du pilote - tellement riche en rebondissement divers - qu'il serait fastidieux d'en assurer un panorama exhaustif.
Comme il m'est arrivé de le mentionner au cours de certaines notules, les univers judiciaire et hospitalier représentent - avec celui du microcosme policier - le trio perdant des programmes que j'exècre à visionner - à de rares exceptions prêt. Ce n'est pas « The Bridge » - nouvelle série americano-canadienne, coproduite par les chaînes « CBS » et « CTV » - qui constitue une exception à la règle !
A son lourd passif – dont un manque flagrant d'originalité - le programme rajoute le fait de proposer un pilote qui s'étire sur une durée d'une heure et demie. Dès la moitié du chemin parcouru, une irrépréhensible envie de décrocher m'a assailli. En téléspectateur consciencieux - et légèrement entêté - j'ai mené le combat contre l'accablement jusqu'au bout ! A mon humble avis, les dirigeants des deux chaînes - qui se sont associés, afin de produire ce programme indigeste - ont commis l'énorme erreur de proposer cette interminable entrée en matière.
A trop vouloir charger la mule, Craig Bromell - le « showrunner » de la série, qui occupait le poste de responsable de la police de Toronto, avant de rejoindre la production télévisuelle - a rendu une copie chargée et qui – outre d'officier dans la démonstration superfétatoire - possède un style narratif emphatique. En comparaison de cet assommoir, les séries produites par Jerry Bruckheimer (« Dark Blue », « The Forgotten » ) ressemblent à des porcelaine de Delft, finement ouvragées. C'est tout dire !
Comme le prétend sagement l'adage populaire, « chat échaudé craint l'eau froide », je ne commettrais donc pas l'erreur de visionner un épisode supplémentaire de cette assommante série. Je laisse donc aux amateurs du genre « Cop Show », la possibilité du libre arbitre !
dimanche 7 mars 2010
« The Bridge » : « Pilote »
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