En dépit des critiques dithyrambiques émisses par certains médias, à l'encontre de la première saison de « Southland », je n'avais guère accroché à l'intrigue de ce « cop show ». Comme il est relativement difficile d'apporter du sang neuf à ce genre de programme éculé, Ann Biderman – créatrice et co-productrice, notamment aux côtés de John Wells (« ER », « The West Wing ») - avait joué, au niveau narratif, la carte du pseudo-réalisme, proche du documentaire.
L'orientation « Dogma » de la série – à savoir, des effets de caméra chaotiques, une photographie cramée, des dialogues à la limite de l'improvisation, etc – renforçait l'aspect d'urgence dans laquelle évoluait l'escouade de policiers du « LAPD ». En cela, le cahier des charges de la série était suivie à la lettre !
Si les sept épisodes de la première saison ont été diffusés sur les antennes de « NBC », cette chaîne - qui souhaitait d'abord donner une seconde livraison à la série - s'est ravisée. Elle a passé le flambeau à la concurrence, « TNT », qui - selon les assertions de ses responsables - « est compétente en matière de séries dramatiques ». Le téléspectateur - qui a visionné les récents « Police procedural », tels que « Dark Blue » ou « The Forgotten » - a d'ailleurs pu s'en apercevoir.
Hormis une image davantage maîtrisée et limpide et des cadrages soignées, la formule de « Southland » n'a guère changée. Le casting, présent lors de la première saison, a rempilé. Après les catastrophiques séries susmentionnées – estampillées « Jerry Bruckheimer » - ce « Season premiere » de « Southland » m'a agréablement surpris. A côté de l'indigeste pilote de « The Bridge » (voir notule sur ce blog) - coproduit par les chaînes « CTV » et « CBS », et dont la vision s'apparente à de la torture mentale - « Phase Three » passe comme une lettre à la poste !
Le détective Lydia Adams troque un collègue blessé contre une nouvelle recrue, à laquelle elle a du mal à s'adapter. Une épouse éplorée recherche désespérément son mari kidnappé. Dans un quartier afro-américain, un simple contrôle de routine tourne à l'émeute. Le duo d'équipiers responsable de cet embrassement ne doit la vie sauve qu'à la rescousse des autres membres du commissariat. Des gangs antagonistes se livrent, en pleine rue, à des règlements de comptes sanglants. En bref, le quotidien effrayant des membres de la « LAPD » qui - à la lecture de certains ouvrages, notamment ceux de Mike Davis, un spécialiste de la « City of Quartz » - fleure bon le réalisme social.
Malheureusement, les subterfuges qui permettent au quarante minutes du programme de se dérouler avec fluidité constitue aussi ses défauts. Aux grès des interventions des agents du « LAPD », l'intrigue saute constamment du coq à l'âne ; et un duo d'inspecteurs en chasse un autre. Ces rebondissements incessants empêchent l'histoire de se focaliser sur un protagoniste en particulier et de développer une psychologie consistante.
Si le « show » remédiait à ce simple état de fait, même moi - qui ne suis pourtant guère un amateur de série policière – j'aurais plaisir à suivre les pérégrinations des policiers de « Southland », qui déambulent dans les rues de Los Angeles !
lundi 8 mars 2010
« Southland » : « Phase Three » (2x01)
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