Hormis de se cloner, il est désormais impossible au sériephile de base de visionner la large offre de productions télévisuelles que les innombrables chaînes américaines lui proposent. De plus, la quantité prenant largement le pas sur la qualité, ce dernier est souvent réticent à l'idée de pénétrer le microcosme de nouvelles séries et de se familiariser avec sa cohorte de personnages. Pour être honnête – et pour user d'une expression populaire – « Le jeu n'en vaut pas la chandelle » - sauf à de très rares exceptions !
Diffusée depuis plusieurs semaines - sur les antennes de la chaîne « FX » - « Justified » - « Police procedural » atypique - en est déjà à son troisième épisode. Si j'ai négligé le pilote - « Fire in the Hole » - et que j'ai visionné son deuxième rendez-vous - « Riverbrook » - d'un œil distrait, j'ai décidé – enfin – de me fendre d'une notule à l'occasion de « Fixer » !
Adaptée pour le petit écran par Graham Yost (« Boomtown »), « Justified » s'inspire du personnage de Raylan Givens, un « U.S. Marshal » au look de « cow boy Marlboro » (dixit un truand du présent épisode). Cet anti-héros taciturne est issu de l'imagination fertile de Elmore Leonard, un écrivain de polars, à la plume aiguisée. Petite digression, son roman « Rum Punch » - « Punch Créole » , en français – a servi de canevas scénaristique au Film « Jackie Brown », de Quentin Tarantino. Le réalisateur fétichiste y a rajouté quelques soupçons de « La Joyeuse Kidnappée », un autre ouvrage policier de l'auteur.
Avec son « Stetson » rivé sur le crâne et son large manteau flottant autour de sa silhouette élancée, le « Deputy Marshal » ressemble à un croisement improbable entre l'inspecteur « Dirty » Harry - incarné par Clint Eastwood – pour sa nonchalance et son efficacité - et les différentes interprétations « westernienne » d'un John Wayne jeune. Le style du représentant de la loi - tout en concision et en décontraction - rappelle le comportement sobre et efficace des personnages susmentionnés.
L'action de la série se déroule dans la ville de Lexington, dans le Kentucky - un état du sud des États-Unis. Le protagoniste taciturne y a été « délocalisé », après avoir été impliqué dans une fusillade meurtrière. L'intitulé de la série s'inspire d'une réponse du « U.S. Marshal » à une question de Art Mullen - son actuel supérieur hiérarchique et ancien compagnon de l'académie de police : « Tell me more about the shooting ? », « It was justified ! ». Comme le téléspectateur peut le noter, lors de ses interventions, Raylan Givens – même s'il n'a pas la gâchette facile - ne s'embarrasse guère de fioritures. Pour paraphraser les paroles de la chanson « Jump Around » - du groupe « House Of Pain » - « ...Cause when I shoot ta give, I shoot to kill » !
Le Kentucky étant limitrophe à la Louisiane, l'atmosphère dans laquelle évoluent les personnages - leur manière indolente de s'exprimer, leur côté rustique et pragmatique - rappelle celle de « True Blood ». Bien évidemment, les malfaiteurs de tout poil y remplacent les vampires et autres créatures mythologique de la série d'Alan Ball. On retrouve également dans « Riverbrook » - avec son « chain gang » - des prisonniers aux uniformes à rayures verticales - des réminiscences du film des frères Coen, « O Brother, Where Art Thou? ». La musique « Blue Grass » - que les détenus distillent au cours d'une « garden-party » privée - n'y est pas étrangère.
Si le programme s'avère avare en scènes d'action, il est - en revanche - prolixe en discours caustiques, mais souvent interminables. Le telespectateur – coutumier des romans de l'auteur – retrouve - transposé sur la pellicule - son style littéraire caractéristique. Hélas, si le ton Ironique et l'humour pince-sans-rire qu'utilisent Raylan Givens - et l'ensemble des protagonistes du « show » - est souvent plaisant, l'inaction endémique des situations tourne rapidement à l'abattement et à l'ennui. Quant aux intrigues de « Justified », elles développent une trame répétitive, dans laquelle notre « Sheriff moderne » est en butte à des escrocs de bas étage. Ces derniers tentent de profiter de la bonne fortune de leurs victimes, en usant – si la situation s'avère indispensable – de la coercition que leurs procure une arme - que cette dernière soit à feu ou contondante !
En résumé, si « Justified » se révèle être une série plaisante à visionner - le temps d'un épisode ou deux – il est peu évident – qu'à longue échéance – elle draine un public d'amateurs inconditionnels, à même de suivre avec assiduité les aventures du « Deputy Marshal », Raylan Givens.
jeudi 1 avril 2010
« Justified » : « Riverbrook » (1x02) et « Fixer » (1x03)
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