dimanche 13 juin 2010

« Gravity » : « Damn Skippy » (1x08)


A la fin du dernier épisode de « Gravity », le téléspectateur avait laissé Robert Collingsworth et Christian Miller – son ami - barbotant dans le jacuzzi de ce dernier. Pour les besoins d'une expérience « existentialo-aquatique », le second tenait fermement la tête du premier sous l'eau. Échappant à la poigne de Miller, l'ophtalmologue imagine que l'inspecteur désirait le noyer. Outre de s'offusquer qu'une telle pensée a pu germer dans l'esprit de Robert, Christian lui rappelle que sa fonction consiste à protéger les citoyens, et non à mettre leur vie en puéril. Néanmoins interloqué, Robert quitte le domicile de Christian, mettant un terme – temporaire, sinon définitif – à leurs relations.

Au séminaire des « suicides dummies » - qu'anime Dogg McFee – l'hémiplégique afro-américain, qui se déplace en fauteuil roulant, invite les membres de son groupe à s'exprimer sur un sujet qui leurs tient à cœur. Robert Collingsworth dévoile qu'enfant, il désirait être scénariste de « comic books » et Lily Champagne – son amante – doute grandement qu'elle possède une âme !

L'inspecteur Miller reçoit un appel téléphonique de la secrétaire de son cancérologue lui annonçant qu'il devra subir d'autres examens coloscopiques. A cet effet, le patient se procure - en pharmacie – un lavement intestinal à l'effet drastique. Le très facétieux policier inflige alors au public des séquences scatologiques à répétitions, durant lesquelles il se rue – en tout lieu et en toute occasion – aux toilettes, afin de soulager ses envies pressantes.

Au milieu de scènes romantico-érotiques – celle qui unit la quadragénaire Shawna Rollins et Adam Rosenblum - son jeune amant – ou plus tard, celle durant laquelle Robert enlace Lily, de tels « débordements » sont plutôt malvenues et inspirés par un esprit puéril, voire résolument enfantin ! Ces démonstrations semblent amuser Eric Schaeffer – scénariste de la série et acteur, qui incarne le rôle de Christian Miller. Le « showrunner » - qui multiplie les fonctions, au sein de cette production « Starz » – inflige - de plus - au téléspectateur une interprétation pathétique à la Robert De Niro « jeune ». En conversation avec son « bookmaker » - à qui il doit une importante somme d'argent - les « fucks » incessants fussent, de même que les embrasements frénétiques. Si de tels comportements amusent Schaeffer – dont « Gravity » est la « chose » - les répercussions sur l'auditoire de la série irrite ce dernier, de part leurs côtés superfétatoires et faussement impertinents !

Les interventions de Christian Miller sont beaucoup plus efficientes lorsque – au travers de photographies d'enfance, contenues dans son portefeuille - il évoque – auprès d'une Lily curieuse de découvrir qui est cette magnifique femme et l'enfant qui l'accompagne - sa défunte mère qui s'est pendue. Optant davantage pour la piste de l'homicide, cette certitude explique le chemin professionnel pour lequel l'inspecteur a opté.

De très belles scènes émouvantes viennent – fort heureusement - égrener l'intrigue de « Damn Skippy ». Je pense notamment à la visite de Lily dans sa demeure familiale, durant laquelle cette dernière vient récupérer son assortiment de poupées de collection. A cet occasion, on note la ressemblance physique entre les « jouets » et le visage de la jeune fille. Même teint de porcelaine, même grands yeux aux pupilles claires et dilatées, même lèvres rouges et pulpeuses et surtout, même fragilité excessive !

L'épilogue se clôture également par une séquence touchante. Après avoir partagée un diner avec la mère huppée de Robert, ce dernier amène Lily dans sa chambre d'enfance. Il fait découvrir à sa dulcinée son univers intimiste, avant de lui faire l'amour. Examinant les nombreux documents qui parsèment la pièce, Lily découvre un portrait de la défunte épouse de Robert. Elle susurre au radieux visage sur la photographie qu'elle prendra bien soin de lui, avant de venir s'étendre amoureusement près de son amant.

Davantage que la fébrilité incessante de l'inspecteur Miller et ses « coups de gueule » improductifs, le téléspectateur retiendra – je pense – les moments de grâce évanescents déjà évoquées.

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