lundi 21 juin 2010

« The IT Crowd » : « Jen the Fredo » (4x01)


Doux euphémisme de prétendre que la patience de l'« aficionado » de cette « sitcom » britannique - a été mise à dure épreuve ! Avec la diffusion de « Jen the Fredo » - son « season premiere » - cette quatrième saison de « The IT Crowd » cesse donc de jouer les « Arlésiennes » télévisuelles. En effet, cette nouvelle livraison fut annoncée à maintes reprises – et de longue date - par Graham Linehan, son « showrunner » !

C'est avec une excitation non feinte – et aussi beaucoup de délectation – que le public retrouve Roy Tenneman et Maurice Moss - le duo de « geeks », qui rencontre les pires difficultés à frayer avec le reste de l'humanité et Jen Barber - leur supérieure hiérarchique - qui tente d'établir le pont entre ces deux « univers » antagonistes.

« L'équipe des Technologies de l'information et de la communication » – traduction française de l'intitulé anglais – a peu évolué entre les dix-huit mois qui ont séparé « Calendar Geeks » - le dernier épisode - très moyen, au demeurant - de la troisième saison, de « Jen the Fredo ». Notre trio squatte toujours le sous-sol sordide de l'immeuble imposant de « Reynholm Industries », une société fictive britannique, sise dans le centre de Londres.

Si le bureau que partage Roy et Moss tient toujours autant du « Capharnaüm » - avec son entassement hétéroclite de reliques, estampillées « Nerd » - celui de Jen s'est sensiblement féminisé et il a été agrémenté de nombreuses photographies personnelles, qui prouve que la jeune femme - comme elle le prétendait dans un épisode ultérieure - maîtrise le sens du contact et des relations humaines. « I'm a person people ! », insistait-elle avec véhémence, auprès de ses deux collègues réticents.

En revanche, c'est avec moins de plaisir que l'on retrouve Douglas Reynholm. Ce personnage - rondouillard et barbu, vulgaire et imbu de sa personne - est l'héritier de Denholm Reynholm - son père - suicidé au cours de « Return of the Golden Child » (épisode 2x02) ; Douglas ayant repris les rênes de l'entreprise paternel. Chris Morris – l'acteur qui interprétait le père – possédait plus de classe, de charisme et de maintien que Matt Berry – celui qui incarne le fils. Appelé vers d'autres horizons, le satiriste - au « Curriculum vitae » impressionnant – a co-écrit et réalisé, il y a quelques mois, un film caustique sur le microcosme des apprentis terroristes islamistes, intitulé « Four Lions ». Mais trêve de digressions !

Les présentations ainsi faites – histoire d'introduire la série auprès des nouveaux venus ou de rafraichir la mémoire des anciens membres – la grande question est de savoir ce qu'il en est de la qualité scénaristique de « Jen the Fredo » ? Comme je l'ai déjà spécifié en préambule, cet épisode était attendu avec fébrilité ; c'est dire le poids énorme qui reposait sur ses épaules.

L'intrigue de ce rendez-vous se résume ainsi. Lasse de végéter dans les bas-fonds de la société, Jen Barber vise le poste de « directrice du divertissement », proposé en interne. Malheureusement pour elle, le machiste Douglas Reynholm ne conçoit guère que cette fonction soit occupée par une femme. Entêtée, Jen décide de prendre en charge le séjour, dans la capitale, de trois associés turbulents de son employeur, histoire de prouver qu'elle peut s'acquitter – haut la main - de sa tâche. Une visite désastreuse à une séance de « Les monologues du vagin » - une pièce de théâtre féministe, s'il en est - lui prouve rapidement le contraire.

De retour de vacances, Roy connait une peine de coeur inconsolable. Sa petite-amie du moment l'a quitté subitement et solitaire, il tente de profiter des loisirs qu'il devait partager en couple. Passablement déboussolé, il expédie à ses collègues de bureau des clichés de sa personne aux côtés d'un compagne devenue désormais... invisible. Quant Maurice Moss, il évolue - seul mais bienheureux - dans son univers de « Donjons & Dragons ».

Si la première partie de l'épisode – soit une douzaine de minutes - se visionne avec bonheur et soutire de nombreux rires et sourires au téléspectateur ; la seconde moitié – en revanche - sombre dans un ridicule dérisoire. Douglas Reynholm et son trio d'associés – trop présents à l'écran – sont fats et franchement imbuvables. Avec Maurice Moss - en maître de cérémonie - ils sont Invités à s'adonner à une partie de « Donjons & Dragons ». Les divers facéties que le « nerd » inflige à l'assemblée (imitations du Père Noël ou de la petite-amie de Roy) n'amusent personne - en tout cas - de l'autre côté du tube cathodique.

Comme nombre de rendez-vous précédents de « The IT Crowd » étaient de valeur variable, passant de l'excellence - tels que « The Work Outing » ou « The Dinner Party », etc - au médiocre – le « Calendar Geeks », déjà susmentionné – il faut considérer « Jen the Fredo » comme appartenant à la seconde catégorie. Croisons les doigts pour que « The Final Countdown » - le prochain rendez-vous – soit de meilleure tenue !

Le « Fredo », dont il est question dans le titre de l'épisode, renvoie à Frederico « Fredo » Corleone – le deuxième fils, simple et faible, de Don Vito Corleone – le « Parrain » interprété par Marlon Brando, dans la trilogie éponyme de Francis Ford Coppola. Roy compare Jen à ce personnage, qu'il considère comme un « proxénète » !

Après maintes tergiversations concernant sa quatrième livraison, une cinquième saison – au contenu de six épisodes – est prévue, à la diffusion, pour le courant de l'année 2011. Graham Linehan et son équipe de scénaristes auront eu la possibilité - d'ici là – de se dérouiller les méninges et de retrouver une vitesse de croisière créative.

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