mercredi 9 juin 2010

« Persons Unknown » : « Pilote »


Alors qu'elle surveille sa fillette - qui s'amuse au sein de l'espace ludique d'un parc de San Francisco - Janet Cooper est abordée par le détective privé, recruté pour retrouver la trace de son époux, mystérieusement disparu. Redevable d'une importante somme d'argent, la jeune femme craint pour la sécurité de son enfant ; à tort, puisque c'est la sienne qui est en danger ! Kidnappée et droguée par deux inconnus, cette dernière se réveille sur le lit - au cadre anodin - d'une chambre hôtel. Séquestrée, ses gestes épiés par une caméra de surveillance, la mère inquiète traverse les différentes étapes psychologiques que l'on connait lors d'une telle situation : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation.

Mais Janet n'est pas la seule captive de l'établissement hôtelier. Joe Tucker – un individu au tempérament volontaire et affirmé - est également retenu prisonnier. Ce dernier aide l'infortunée à quitter sa chambre, grâce à une clé cachée dans la bible, contenue dans le tiroir de la table de chevet. Une fois, dans le couloir de l'étage, le duo découvre la présence de quatre autres captifs. Moira Doherty, conseillère d'orientation, est une habituée des hôpitaux psychiatriques, le Sergent Graham McNair, soldat de couleur, possède une mentalité psychorigide, Tori Fairchild est la fille écervelée et sensuelle d'un ambassadeur américain et Charlie Morse est un P.D.G. au comportement frénétique et excessif.

Si Janet a été enlevée sur la côte ouest, Joe a été kidnappé à New-York et chaque autre protagoniste provient d'une destination différente. Pourquoi sont-ils retenus prisonniers ? Quelle est l'identité de leurs géoliers ? Quel est le point commun qui les réunit en ce lieu ? Telles sont les questions qui taraudent l'esprit des membres du groupe hétéroclite ! Hormis ces interrogations lancinantes, la suspicion légitime vient empoissonner leurs relations naissantes. Et si « un des leurs » - à savoir un de leurs ravisseurs – se dissimule derrière l'apparence d'un séquestré ?

A San Francisco, Mark Renbe – un journaliste d'investigation, à l'apparence exagérément négligé – enquête sur la disparition de Janet Cooper. Il rend visite à la mère de cette dernière, qui ne porte guère sa fille dans son cœur. La grand-mère - qui réside dans une demeure fastueuse - à récupérer la garde de Megan - sa petite-fille. Également sous-surveillance, le téléspectateur se questionne quant au rôle de l'austère génitrice dans le rapt de Janet.

Nouvelle production diffusée sur la chaîne « NBC », « Persons Unknown » est une série à l'ambiance étrange, développée par Christopher McQuarrie. Scénariste de « The Usual Suspects », réalisateur de « The Way of the Gun » ou producteur/scénariste de « Valkyrie », ce compagnon de route et ami de longue date de Bryan Singer propose au téléspectateur sa version de « Le Prisonnier » - la mythique production anglaise - à la mode « ensemble cast » ! Un clin d'œil appuyé est d'ailleurs adressé au programme dans lequel l'acteur Patrick McGoohan – également co-créateur - interprétait le fameux « N° 6 ». Ainsi, outre que les protagonistes « logent » au sixième étage du « Downtown Hotel », leur inscription au registre de l'établissement hôtelier date de six heures du soir.

Hormis la production « ITV » susmentionnée, le pilote de « Persons Unknown » évoque un épisode de « The Twilight Zone » - « Stopover in a Quiet Town » (5x30) - dans lequel un couple se retrouve prisonnier de décors d'une ville miniature, depuis lesquels il entend les rires enfantins planer au dessus de leurs têtes, ceux d'une fillette qui les considère comme ses jouets. Ici, ces derniers sont remplacés par des constructions de séries télévisées, typiques des années soixante-dix. L'artère principale asphaltée - que bordent commerces, poste de police, hôtel, etc - se termine abruptement et laisse place à un chemin de terre, qui se perd dans les environs bucoliques. Une barrière électromagnétique et invisible - érigée en périphérie de la ville fictive - dissuade les prisonniers de s'évader. S'ils passent outre, ils tombent immédiatement dans le coma.

Constamment sur le qui-vive, l'épisode fait intervenir – au gré de son intrigue rocambolesque - le personnage de Bill Blackham, un vendeur de voiture, armé d'un fusil à pompe, subtilisé dans les locaux du commissariat de police. Mais la « cerise sur le gâteau » est offerte par l'intervention des employés d'un restaurant asiatique et de son affable gérant, qui invite les protagonistes affamés et épuisés à gouter à sa roborative cuisine. L'épisode se clôture d'ailleurs par la dégustation de biscuits chinois (« fortune cookies ») et ses maximes – d'habitude humoristiques - qui prennent ici, une connotation sinistre. Ainsi, Janet Cooper hérite d'une tentante proposition, « tue ton voisin et tu seras libre ! ».

Le téléspectateur sort de la vision du pilote de « Persons Unknown », mi-intrigué, mi dubitatif. Son postulat de départ - relativement simpliste, mélange de mystère et de paranoïa - possède une indéniable impression de « déjà-vu ». Des effets sonores et visuels – aux accents terriblement « clichés » – viennent renforcer cette sensation. D'un format de quarante-cinq minutes, la série est une production estivale, composée de treize épisodes. Tel le serpent de la légende, elle est d'ailleurs appelé à se mordre rapidement la queue ; si tel n'est pas déjà le cas, dès son premier rendez-vous ! Mais avec un budget lilliputien – acteurs quasi-inconnus, même dans le microcosme télévisuel, et des décors réduits à la portion congrue – les producteurs de « NBC » remplissent leur grille de programmes à moindre frais !

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