Dans cet épisode, les luttes intestines qui opposent Lenore Bernard à Tanya Skagle n'en finissent pas de faire rage. Les deux belligérantes possèdent une approche bien distincte des affaires et chacune tente d'imposer sa vision personnelle à l'autre. Livré en pâture à l'égo démesuré qui anime les deux harpies, Ray Drecker – leur godemiché ambulant – fait figure de pigeon d'argile.
Il en est de même pour Frances - cliente huppée et veuve à la mentalité démodée – qui hésite entre les deux approches antagonistes. « Les prestations charnelles, enrobées dans un emballage délicat et teinté d'érotisme consensuel » - proposées par la première - affrontent « un pur moment de plaisir sexuel » - délivré par la seconde !
Surtout, qu'hormis les deux femmes susmentionnées - avec lesquelles il n'entretient que des relations professionnelles - l'entraineur de baseball doit également gérer des liaisons purement sexuelles. Claire est une cliente enceinte, que son époux a abandonné, après qu'il a découvert son ventre arrondi et Yael Koontz - la femme nymphomane de son arrogant voisin – le remercie de ses généreuses prestations, en lui offrant un matelas « intelligent » qui enregistre les positions de son corps au repos.
Mais si Ray est appréhendé - par son entourage féminin - comme « Cet obscur objet du désir » - voire pire - ce dernier est - sans conteste - l'individu le plus moral et le plus romantique de l'intrigue. Il met un terme à sa relation charnelle avec Claire et l'enjoint à se réconcilier avec son mari ; nostalgique d'une vie de famille bien rangée, il tente d'en faire autant avec Jessica, son ex-femme. Hélas, la partie de bowling - qu'il a organisé comme un tête-à-tête informel - se transforme en réunion de famille. Madame Haxon débarque sur les parquets cirés avec enfants, mère et actuel mari.
Avec le temps, la série « Hung » devient un véritable plaidoyer contre la polygamie. Si pour un homme, il est déjà difficile de vivre au contact d'une unique femme, Ray Drecker - l'infortuné protagoniste de cette série « HBO », obligé de se prostituer, afin d'améliorer son existence - expérimente avec horreur cette multiplication de relations féminines. Du coup - sous des allures de charmant boudoir - sa vie se transforme en anti-chambre de l'enfer.
Il est à regretter que le scénario du présent épisode – qui possède une trame narrative relativement moyenne – prenne pour thème majeur, celui de la seule sexualité délibérément la plus salace. Si le temps d'un unique rendez-vous, cette orientation passagère n'est pas préjudiciable à l'intérêt que le téléspectateur porte à la série ; sur du long terme, elle peut se révéler – en revanche – contre-productive.
Dmitry Lipkin et Colette Burson – le couple de « showrunners » - tentent un timide retour des personnages de Darby et Damon Drecker – les deux adolescents empâtés, issus du mariage de Ray et de Jessica. La première - notamment – apparaît, plus longuement, en fin d'intrigue. Elle rejoint un mouvement qui œuvre en faveur des personnes « enrobées » et lutte contre la dictature de la minceur. C'est à travers de tels sujets annexes ou périphériques à la sexualité - donc au corps, à son approche et à son acceptation - que « Hung » se doit de fédérer une audience la plus large possible.
lundi 12 juillet 2010
« Hung » : « Tucson Is the Gateway to Dick or This Is Not Sexy » (2x02)
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