mercredi 7 juillet 2010

« Louie » : « Dr. Ben/Nick » (1x03)


Protagoniste qui prête son identité à cette série « FX » - mélange détonnant d'humour cynique et scénique - Louie est une version fictionnelle de l'acteur Louis « C.K. » Szekely.

Émergeant de la bouche du métro de « Washington Square » - dans un quartier populaire de la ville de New-York – l'artiste de « stand-up comedy » s'engouffre dans la circulation piétonne d'une artère interlope et se mélange aux déambulations nocturnes des résidents, qui arborent des mines fatiguées et pathétiques.

Direction le « Comedy Cellar », la salle de café-concert, dans laquelle l'artiste interprète son spectacle, et ce devant un parterre hétéroclite de clients, moitié conquis par ses plaisanteries acerbes, moitié enivrés par des pintes de bières, que des serveuses lessivées leurs apportent !

Dans « Dr. Ben » - la première partie de ce troisième épisode - Louie s'entretient de cette pitoyable enveloppe charnelle - composée d'un assemblage d'os, de graisse, de sang et de tripes - et qui lui sert de corps. Ses élucubrations dramatiques le projettent dans la « réalité » du cabinet médical d'un praticien - le Docteur Ben - un ami d'enfance, que Louie connait depuis l'école. Le personnage est interprété par le comédien britannique Ricky Gervais – co-créateur du « mocumentaire », « The Office » (version UK) ou de la « sitcom » « Extras ».

Ce dernier se montre, à l'égard de son acolyte - mais néanmoins patient – aussi désinvolte que la secrétaire/infirmière qui le reçoit est froide et protocolaire. Nulle humiliation n'est épargnée à Louie, ni les plaisanteries déplacées sur son buste gras aux tétons qui tombent, ni les railleries sur son pénis flasque, pas plus qu'un toucher rectal, à l'utilité accessoire. Hélas, l'apparition en « guest-star » de Rick Gervais n'épargne pas au « sketch » son manque flagrant de qualité, et dont l'humour frustre laisse le téléspectateur dubitatif. Les échanges verbaux entre les deux hommes se poursuivent - durant l'épilogue – mais sans montrer davantage d'intérêt scénaristique.

« Nick » - son deuxième volet – demeure – quant à lui - beaucoup plus réussi. Il fait intervenir un confrère de scène - le comédien Nick Di Paolo – qui prend la suite du spectacle de Louie. Ses orientations républicaines et ses assertions teintées de racisme irritent le protagoniste. Les conversations s'échauffent, les paroles dépassent les pensées et bientôt, Louie traite Nick de « Nazi » ! L'insulte « suprême » ne plait guère à l'intéressé, qui en vient rapidement aux mains. Admis aux services des urgences, le duo – comique sur scène et tragique dans la vie quotidienne – enterre la « hache de guerre ». Leurs préoccupations communes - qui évoluent autour des relations maritales ou amoureuses et de la difficulté à élever leurs enfants – finissent de panser des plaies, en définitive peu profondes.

L'épisode se clôture par un soliloque de Louie, de retour sur la scène étriquée du « Comedy Cellar ». Il y narre sa rencontre et celle d'une ancienne petite-amie, de passage dans la « Big Apple », avec le « SDF » le plus immonde de la création !

Afin de réellement apprécier ce rendez-vous, le téléspectateur se doit d'occulter la première partie – vraiment peu convaincante - et se focaliser – en revanche - sur la seconde. Les échanges verbaux tonitruants et la tonalité douce-amère qui la composent font de « Dr. Ben/Nick » une petite réussite. Si elle demeure moins convaincante que ses deux précédentes consœurs, elle confirme « Louie » dans son rôle de nouvelle production à l'approche originale et prometteuse.

Comme quoi, nul besoin de bénéficier de budgets pharaoniens pour toucher la sensibilité du public ! La voix du coeur passe par les émotions, et non pas de quelconques effets spéciaux, des scènes de violences ou de nudités superflues !

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