Juché sur le toit d'un immeuble du centre-ville, Davey Sutton – un officier en uniforme du « Memphis Police Department » - tente de dissuader un préposé au suicide d'exécuter le grand saut. Les maigres connaissances en psychologie inversée dont il dispose fonctionnent, jusqu'à ce que l'irruption inopinée d'un hélicoptère de police - dans le ciel nocturne - vienne ruiner ses tentatives. Le désespéré saute, entrainant dans sa chute le fonctionnaire. Heureusement, leur plongeon irréversible est stoppé net par un toit en contrebas.
Interviennent alors sur les lieux du drame, les inspecteurs Dwight Hendricks et Charlie White. Si, en de telles circonstances, l'acolyte irascible n'est d'aucune utilité ; en revanche, le premier ramène l'homme à la raison, à l'aide de mots réconfortants. Les deux hommes possèdent - en effet - un point commun ; ils affrontent de conflictuels problèmes relationnels avec l'être aimé.
Sans vouloir discréditer le contenu du programme, « Love Me Tender » mériterait de se conclure sur sa scène de prologue. L'unique intérêt du troisième épisode de cette nouvelle série policière - diffusée sur la chaîne « TNT » - réside dans cette emblématique mise en abyme. L'intrigue qui suit - et qui amènent nos deux protagonistes sus-mentionnés à enquêter sur la disparition d'Ivy Hatchter, une étudiante en apparence tranquille - se révèle interminable et ennuyeuse. En dépit de ses rebondissements incessants, la malheureuse traine des pieds, tel un misérable prisonnier de « Chain gang », obligé de trimballer, à sa suite, son énorme boulet à la cheville.
L'utilisation de ce cliché abusif, relatif à la situation géographique dans laquelle se déroule l'(in)action de la série – Memphis, le Sud des États-Unis, le berceau du « Blues », etc - n'est rien, en comparaison de ceux qu'utilisent – à outrance – Josh Harto et Liz Garcia, les deux « showrunners ».
Parallèlement à de brillantes études, la jeune fille est une « véritable reine de beauté du Sud ». Elle participe à de nombreux manifestations du genre, poussée par des parents au tempérament pugnace, soucieux des apparences, mais surtout attirés par l'appât du gains. Les différents « red herring » que les scénaristes égrènent tout au long de l'épisode sont cousus de fil blanc. Un adipeux organisateur de concours abuse de la boisson, autant que des participantes ; les Hatchters appartiennent à une riche et veille famille d'esclavagistes et ils n'ont pas renoncés totalement à leurs prébendes, sous sa façade de fille de bonne famille, Ivy – telle Laura Palmer, sa consoeur de la franchise « Twin Peaks » - fréquente une taverne sordide, dont les habitués sont des motards tatoués et forcement patibulaires, etc. La conclusion de l'affaire de la disparition d'Ivy Hatchter - quant à elle – est édifiante, en plus d'être sirupeuse au possible !
Le caractère et la caractérisation des personnages n'aident en rien à améliorer et à dynamiser l'image du « show »... bien au contraire. Ils s'apparentent à une tasse de café - exagérément allongée - et qui devient – à la longue - insipide. Pourtant le potentiel narratif, inhérent aux protagonistes - ainsi qu'aux situations - est présent, mais il est mal utiliser, voire aucunement.
Ainsi, à quoi sert la création du Sergent J.C. Lightfoot – interprété par le physiquement impressionnant Abraham Benrubi – si sa personnalité se restreint à porter un catogan et à assener des dictons de pacotilles, prétendument empreints de sagesse indienne. Idem pour Davey Sutton et sa « dégaine de moustique », sans évoquer de nouveau le cas de Dwight Hendricks, un bien piètre imitateur d'Elvis Presley ! Quant au Lieutenant Tanya Rice - la supérieure hiérarchique du commissariat, dans lequel officie le microcosme policier – son comportement exacerbé de femme afro-américaine à force personnalité et « qui a dû combattre l'ostracisme de collègues masculins machistes et les préjugés raciaux, liés à la couleur de sa peau » épuise la patience du téléspectateur.
Mais hormis ce dernier, un autre intéressé est à plaindre dans l'histoire ! Après avoir incarné – durant quatre saisons inégales – un personnage aussi original qu'Earl Jehosaphat Hickey - dans la série « NBC », « My Name is Earl » - l'infortuné Jason Lee se retrouve coincé dans cette galère télévisuelle. Le pire est que l'acteur est obligé de s'inventer de piteuses excuses, afin de légitimer sa participation à « Memphis Beat » : « originalité du concept », « protagoniste amusant à interpréter », « rôle d'un épigone du « King » à endosser », etc. Si la « Méthode Coué » - vraisemblablement utilisé par ce dernier – peut fonctionner sur sa personne, malheureusement il n'en est pas de même pour le public !
vendredi 9 juillet 2010
« Memphis Beat » : « Love Me Tender » (1x03)
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